Les musées de Colmar

Les musées de Colmar

Lundi 2 octobre

Aujourd’hui, il doit pleuvoir. Nous avons donc prévu d’aller à Colmar visiter les musées. Il est encore tôt, la ville paraît très calme, presque vide, et nous trouvons aisément une place boulevard du Champ-de-Mars. Très rapidement, apparaît le musée Unterlinden qui ouvre à 10h. De nombreux groupes semblent converger vers ce lieu : pressons-nous !

Le musée Unterlinden.

Deux billets/seniors et un audioguide et nous voilà dans le cloître du 13° siècle, en grès rose des Vosges. Dans un angle, s’élève un puits Renaissance.

L’entrée du cloître
Le puits Renaissance

Nous entrons dans les salles du rez-de-chaussée consacrées à l’art rhénan. Nous y remarquons par exemple une statue de saint Martin, de Martin Hoffmann, et une Vierge à l’Enfant, enfermées dans leurs cages de verre. Puis une très belle Annonciation, ou encore une sculpture de la Descente de Croix ou quelques stalles du chœur de l’église d’Issenheim.

Statue de saint Martin au musée Unterlinden de Colmar
Statue de saint Martin
La Vierge à l’Enfant
L’Annonciation
Descente de croix en bois polychrome
Les magnifiques stalles de l’église d’Issenheim

Mais ce que tout le monde vient voir ici, c’est le Retable d’Issenheim, un objet complexe comprenant des parties fixes et des panneaux mobiles que l’on peut ouvrir ou fermer, offrant chaque fois à la vue une scène différente. Des maquettes en bois permettent de les faire fonctionner avant d’aller voir l’original, ce qui est bien pratique.

Une des maquettes montrant ce que l’on voit à la première ouverture des panneaux mobiles ainsi que la prédelle ouverte
Une autre maquette montrant ce que l’on voit à la deuxième ouverture
ainsi que la prédelle fermée

Familiarisé avec cet objet, le visiteur peut alors pénétrer dans l’ancienne chapelle des Dominicaines où est exposé le retable original peint au 16° siècle par Mathias Grünewald pour le maître-autel du couvent d’Issenheim et transporté à Colmar en 1793. Aujourd’hui, une classe de jeunes élèves, assis devant le chef d’œuvre, écoute très attentivement les explications d’une guide du musée.

En fonction de l’ouverture ou de la fermeture des volets mobiles, on peut admirer la Crucifixion au centre et sur la prédelle du bas une émouvante Mise au Tombeau.

La Crucifixion et la mise au tombeau

Au revers, l’Annonciation et une étonnante Résurrection de facture assez moderne.

L’Annonciation
La Résurrection

Lors de la première ouverture, la partie centrale représente la Nativité, avec le chœur des Anges et la lumière émanant de Dieu le Père.

La Nativité

Il est amusant de remarquer qu’ici la Vierge n’est pas dans une étable, mais assise sur un lit douillet et s’apprête à donner son bain à l’Enfant-Jésus !…

Lors de la deuxième ouverture, on peut voir trois statues en bois doré représentant saint Antoine entre saint Jérôme et saint Augustin. Et si l’on ouvre la prédelle du bas, cette fois, c’est Jésus qui apparaît au milieu de ses douze apôtres.

Saint Antoine entre saint Jérôme et saint Augustin
et la prédelle ouverte

Un chef d’œuvre, assez complexe dans sa conception, d’autant que chaque visiteur ne peut évidemment ouvrir ou fermer à sa guise les différents volets mobiles. Il était donc bien utile d’avoir pu les manipuler sur les maquettes en bois.

Explications, observations, photos, se succèdent et vers midi, il faut penser à déjeuner.

C’est le Café Paulaner que nous choisirons. Enfin, par défaut car tous les autres établissements sont complets : les groupes nombreux et les terrasses peu garnies en raison du risque de pluie ont fini par remplir les tables intérieures. Une tarte flambée (ou une choucroute) satisfera notre appétit.

L’après-midi, nous visitons le musée Hansi.

Le musée Hansi

L’entrée du musée Hansi
Ce petit personnage accueille les visiteurs

Hansi, de son vrai nom Jean-Jacques Waltz, est ce dessinateur caricaturiste qui a popularisé une Alsace mythique, celle que chacun a mémorisée grâce à ses petits personnages, ses enseignes et ses affiches.

Jeune fille en costume traditionnel
coiffée de son grand nœud noir à cocarde tricolore

On nous montre des aquarelles et des croquis de villages alsaciens, des scènes traditionnelles : cigognes, pâtisseries, rondes d’enfants.

Aquarelle représentant Colmar
Ronde d’enfants
Ustensiles de cuisine servant à la confection
du kougelhopf et de la tarte aux quetsches
L’enseigne de la charcuterie Zimmerlin

Il affiche son patriotisme en faveur de la France alors que l’Alsace est occupée, en publiant des dessins qui ridiculisent le soldat allemand, ce qui lui vaudra quelques jours de prison…

Caricature de l’occupant allemand

On retrouve ses dessins sur les vitraux des églises et même sur les affiches de la SNCF !…

Vitrail. Remarquer le nid de cigognes sur la cheminée
Affiche représentant une scène religieuse

Et bien entendu, « l’oncle Hansi » écrit des livres pour enfants dans lesquels il leur raconte son Alsace, à mi-chemin entre la réalité et la légende.

Livre pour enfants

Il ne pleut toujours pas malgré les prédictions pessimistes des Cassandre et c’est donc par temps sec que nous rentrons à l’hôtel, en traversant le joli village de Hunawihr.

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Prochaine étape : La Tour des Voleurs à Riquewihr

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